Impact négatif : désintermédiation* de la vente, branches d'activités en chute libre.

  L'essor fulgurant du e-commerce comporte hélas un aspect négatif pour le commerce traditionnel français.

En effet, certains secteurs d'activité physique se sont vu concurrencés, puis très rapidement dépassés par leurs cyber-concurrents*.

Ces derniers proposant des prix souvent plus attractifs, un choix de produits plus grand (grâce à la comparaison entre les différents sites) et plus facile d'accès, et surtout le gros avantage pour le consommateur de pouvoir effectuer ses achats sans se déplacer, 24H/24, 7J/7, et où qu'il soit dans le monde (avec la seule condition d'avoir un accès internet).

 

 

Pour illustrer nos propos, prenons l'exemple de la distribution d'oeuvres musicales.

On assiste à une baisse de régime de cette branche d'activité dans le commerce physique. La profession de disquaire est en chute libre ces dernières années; pour acheter un CD, il faut désormais se diriger vers les grandes surfaces ou ... Internet !

Même si la vente d'oeuvre musicale se fait toujours majoritairement sur le marché physique, la part de titres vendus sur le marché numérique est de plus en plus importante. (NB: le chiffre d'affaire global des ventes d'oeuvres musicales est en constante baisse à cause du piratage*).

Ventes numériques / Ventes physiques d'oeuvres musicales

(Source : syndicat national de l'édition phonographique)

 

 

Le site français Deezer, 1er site légal d'écoute de musique en Europe, avec plus de 10 millions d'utilisateurs, est l'exemple-type de la mutation de ce secteur.

Le site se base sur un principe simple : l'internaute peut écouter gratuitement plus de 7 millions de titres, et a ensuite la possibilité d'acheter les morceaux qu'il aime pour moins d'1€ pièce. Avec des prix aussi bas et un tel choix de titres, son succès fut immédiat.

Le site a ainsi vu son chiffre d'affaires augmenter de 80% en 2 ans, passant de 1,7M€ en 2008 à 4M€ en 2009.

 

Cependant, ce succès fulgurant a clairement eu des répercussions négatives sur les disquaires (et même sur la grande distribution).

Avec le principe de vente direct entre l'acheteur et le site, le disquaire voit son rôle d'intermédiaire disparaitre peu à peu. En effet, le disquaire empoche un pourcentage sur la vente de chaque CD et cette désintermédiation* ne joue pas en sa faveur.

Le disquaire est aussi lésé sur l'achat des titres ; quand Deezer achète un morceau pour une modique somme et l'autorisation de le revendre à l'infini, le disquaire doit quand à lui payer une somme sur chaque single qu'il vend, ce qui entraine une marge beaucoup moins importante pour ce-denier. Le tube de l'année 2008 écouté sur Deezer n'aura ainsi rapporté que 147euros à son auteur (soit la somme payée par le site à l'auteur pour vendre le titre). (D'après Laurent Petitgirard, Le Monde, Avril 2009).

 

En revolutionnant le monde de la distribution d'oeuvres musicales, le e-commerce n'a pas fait que des heureux. Si les consommateurs ont toujours un choix de plus en plus large pour l'achat de titres musicaux sur Internet, la branche physique assiste à une baisse constante de  son chiffre d'affaire ...

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